Découverte des côtes sauvages est et sud de la Réunion

Une journée d'excursions sur la route côtière de Sainte Anne à Saint Joseph. Découvrez en quelques lignes l'ambiance si particulière de cette partie sauvage et inviolée de l'île de la Réunion, si loin de l'agitation touristique de la côte ouest de Saint-Gilles. Sans même parler des différentes excursions, la route côtière vaut à elle seule le voyage.

Ici, la végétation qui doit sa luxuriance aux pluies venues de l'océan Indien est tout simplement superbe.

Ce récit vous fait parcourir la côte est tout en longeant la mer, du Pont suspendu de Sainte Rose à l'Anse des Cascades en passant par la traversée des villages pittoresques. La première sensation en arrivant dans cette région sauvage est tout d'abord le sentiment d'être subjugué par le spectacle grandiose d'une végétation délirante. Puis arrive le volcan, le fameux Piton de la Fournaise que nous contournerons par son flanc sud, mais aussi le paisible village créole de Saint-Philippe et la visite de la chambre d'hôtes le Pinpin d'Amour.

Cap Méchant, la lave du volcan s'enfonce dans la mer.

Nous nous arrêtons ensuite aux sites de Mer Cassée puis Cap Méchant où les vagues puissantes partent à l'assaut des falaises dominées par la végétation. De nombreuses routes secondaires quittent la nationale. Nous ferons une plongée vers l'intérieur sauvage de l'île jusqu'à Grand Galet et ses spectaculaires cascades alimentant un bassin aux eaux turquoise, propices à la baignade dans un décor grandiose. La route côtière continue à serpenter à travers une succession de villages tranquilles puis le paysage change et s'assagit avec l'arrivée à Grande Anse, l'étape pour la soirée.

Le départ : l' hôtel de charme Diana Dea Lodge à Sainte-Anne

Nous quittons à regret Le Diana Dea Lodge qui a été notre étape à l'est pendant 3 jours, nous permettant de découvrir le cirque de Salazie et le village hors du temps de Hellbourg. Les paysages rappellent Jurassic Park en randonnant à Takamaka et nous assistons à l'un des plus grandioses spectacles naturels de la Réunion, le fameux Trou de Fer que nous avions décidé de découvrir à pied, ce que d'aucuns font en hélicoptère.

Trois jours de rêve très confortablement installés dans cet hôtel de charme, "chouchoutés" par un personnel attentionné et dégustant une savoureuse cuisine locale, plus que bienvenue après les efforts de la journée.

Tôt le matin, les cerfs du domaine, fidèles au poste, nous observent alors que nous empruntons la petite route qui dégringole des hauts de Sainte-Anne, au milieu d'une végétation luxuriante.

Le pont suspendu de Sainte Rose, un ouvrage spectaculaire surgit du passé.

Le pont suspendu de Sainte Rose

On quitte la route de Sainte Rose pour se garer à proximité du pont, près d'une chapelle. C'est désormais à pied que l'on franchit ce très bel ouvrage métallique de la fin du 19eme, utilisé jusque dans les années 70. Il enjambe une profonde ravine. Des pailles-en-queues nichent dans les berges escarpées de la Rivière de l'Est. On les observe du parapet et le ballet de ces splendides oiseaux survolant nos têtes est un spectacle dont on ne se lasse pas.

L'Anse des Cascades, un lieu idyllique

L'Anse des Cascades, un lieu idyllique

Quelques kilomètres après Sainte-Rose, l'Anse des Cascades est signalée à gauche. La petite route descend vers la mer, traverse une superbe plantation de palmiers et de cocotiers pour arriver à un minuscule port de pêche. Des barques colorées sont sagement alignées sur la cale. Les vagues battent la côte et le contraste entre les rochers noirs luisants, l'écume blanche des vagues et l'eau d'un bleu transparent est saisissant.

Mais le spectacle est aussi sur la terre ferme. D'un haut rempart naturel couvert d'une végétation très dense coulent plusieurs cascades que l'on peut approcher. La lumière joue dans les gouttes d'eau. De magnifiques arbres ajoutent à la beauté et au charme de l'endroit. Ce lieu à la beauté sauvage est idyllique.

L'Anse des Cascades est très prisée des réunionnais. L'on y pique-nique le week-end, l'on y déjeune au restaurant du même nom et certains même se baignent sous les cascades. Retour sur la route côtière. Les arrêts se multiplient pour photographier les fleurs, les cases créoles, les boutiques typiques et les églises. La végétation change alors brusquement.

Le Piton de la Fournaise et ses paysages désolés

Le Piton de la Fournaise et les paysages dévastés par les coulées de lave du volcan

Les premiers contreforts du volcan se profilent à l'horizon et nous changeons d'univers... On entrevoit au travers de la végétation une masse imposante dont le sommet disparaît dans les nuages. Sous un ciel gris, un paysage de désolation s'offre à nous, nous sommes au "Grand Brûlé". Pendant plusieurs kilomètres, de chaque côté de la route, un chaos noir. De-ci, de-là des bouquets de végétation ont échappé au désastre.

La lave a recouvert le monde vivant d'une carapace noire de plusieurs mètres d'épaisseur.

Les années se succèdent : 1998, 2001, 2002, 2004, 2005, et la plus impressionnante de toutes, la coulée de 2007. Durant plusieurs jours de ce mois d'avril, le Piton de la Fournaise vomira 135 millions de m3 de lave qui dévaleront jusqu'à la mer; des explosions gigantesques provoqueront l'effondrement du cratère Dolomieu.

Au contact de l'eau, la lave finira par se solidifier après avoir crée une plate-forme de plusieurs dizaines d'hectares qui provoquera la mort de milliers de poissons. Une anecdote à ce sujet : parmi les espèces remontées à la surface, les scientifiques découvriront de nombreuses espèces inconnues venues des profondeurs. Ce fut un cataclysme majeur et certains villageois pensent que des effondrements souterrains auraient pu profondément modifier le régime de certains cours d'eau désormais quasiment asséchés.

Le reposant village créole de Saint-Philippe

Visite de la charmante maison d'hôtes le Pinpin d'Amour

Arrivée à Saint-Philippe. Nous retrouvons dans ce typique village nos cases créoles, nos fleurs et le soleil ! On respire à nouveau. On s'attarde à Saint Philippe pour admirer une case colorée enfouie dans la végétation d'un jardin fleuri. On y flâne, on s'y sent bien. A la sortie du village, d'impressionnantes installations pour le traitement de la canne à sucre. "Mer Cassée" et ses vagues spectaculaires. La beauté sauvage de la côte sud de la Réunion.

Maison d'hôtes le Pinpin d'Amour, Saint-Philippe

Le reposant village créole de Saint-Philippe

Vous aimez le Pinpin? A dix minutes de Saint-Philippe, au milieu des champs de canne à sucre et des arbres à litchis, se niche une charmante maison d'hôtes. "Gîte de France", "le Pinpin d'Amour" annonce l'enseigne tressée en feuilles de vacoas. Une volée de marches plus haut et nous voilà dans une vaste salle à manger accueillis par "Monsieur Pinpin" lui-même, un sympathique ancien à l'œil malicieux.

Aurélien nous présente sa maison d'hôtes, les 6 chambres, petites mais propres et de couleur gaie, et sa salle de restaurant, la pièce à vivre, mais on sent que le vrai sujet est ailleurs...

Aurélien prend sa respiration, son front se ride et, l'air redevenu sérieux, il raconte son pinpin. Il l'a sorti de l'oubli et l'accommode maintenant à toutes les sauces pour ses hôtes : en entrée, en accompagnement des viandes et même en dessert. Mais qui est-il ? Eh bien un fruit, celui des vacoas.

Vous croisez ces arbres dont les feuilles sont utilisées en vannerie, partout à la Réunion et dans les îles. Il peut peser plusieurs kilos et sous une rude écorce verte, sa chair orangée est parait-il succulente. De beaux spécimens trônent à l'entrée de la maison d'hôtes. Selon Aurélien, on parle ici d'une exclusivité mondiale, car il prétend être LE SEUL à cuisiner le pinpin. Ah oui, le nom de famille d'Aurélien est "Damour" (ça ne s'invente pas).

Cap Méchant, la lave du volcan s'enfonce dans la mer.

On quitte la route principale pour descendre vers la mer et admirer ce Cap, un méchant promontoire de lave noire de plusieurs dizaines de mètres de haut qui s'est littéralement "planté" dans la mer en se refroidissant. La puissance de cette coulée de lave fait rétrospectivement froid dans le dos.

La sorcière de Cap Méchant : en repartant, vous serez peut-être interpellé par une femme sans âge qui engagera la conversation en vous demandant "êtes-vous catholique" ? S'en suivra un chapelet d'imprécations et de malédictions récitées à la chaîne. C'est devenu une des attractions du lieu. Un peu surprenant... Superstitieux, passez votre chemin.

Grand-Galet : les terres sauvages de la Réunion

Grand-Galet, ses cascades et bassins : une excursion dans l'intérieur sauvage de la Réunion

Beaucoup plus intéressant, la route de montagne qui longe la Ravine Langevin, une rivière tumultueuse en période de crue, jusqu'au village de Grand-Galet. Entre Saint-Philippe et Saint-Joseph, quittez la nationale pour vous diriger vers les hauts, direction Grand-Galet. Un petite route bordée d'arbres croulant sous les litchis (c'est l'époque en décembre) longe la rivière en contrebas. Les réunionnais adorent pique-niquer le week-end et se baigner dans les bassins naturels qui se sont formés tout au long du cours d'eau.

La route change de berge en traversant un magnifique pont métallique à sens unique avec sa voie faite de madriers de bois. Elle devient encaissée avec une impressionnante muraille qui domine sur le côté gauche. Splendide. Dix kilomètres plus loin s'offre un des plus beaux sites naturels de cette région de la Réunion, les chutes de Grand-Galet !

Du promontoire, un spectacle grandiose : plusieurs cascades vertigineuses se déversent dans une vaste piscine naturelle accessible par un chemin très raide. Plusieurs personnes s'y baignent, dans une eau qui doit être très fraîche...

Encore 2 kilomètres avant d'arriver au village de Grand-Galet, qui paraît avoir pris place au bout du monde. Impossible de poursuivre sans 4x4. Demi-tour et toujours ces grappes de litchis, tentatrices. On peut en acheter partout le long des routes à 2,5 € le kilo, frais, juteux, juste sublimes (3 € à Saint-Gilles). Retour sur la route côtière qui nous ramène à Grand Anse et un peu à regret, à la civilisation... Une journée magique passée sur cette route côtière qui à elle seule vaut le voyage

Le site de l'office du tourisme de la Réunion