Economie

Maurice a réussi une performance économique remarquable passant d’un pays en voie de développement au statut de pays nouvellement industrialisé. Le pays a opéré des changements structuraux déterminants au cours de ces 30 dernières années afin de s’adapter aux conditions d’une économie moderne.
D’une économie agricole reposant uniquement sur la culture de la canne, le pays a procédé avec succès à la diversification de sa base économique en développant le secteur textile, le tourisme et les services financiers.
Grâce au développement de ces différents secteurs et plus particulièrement à l’apport des zones franches manufacturières (textile, industries légères, bijouterie…), créées au début des années 70, Maurice a connu un progrès économique constant attirant des investissements importants et maîtrisant par la même la courbe du chômage. Aujourd’hui, l’économie mauricienne caresse l’ambition de se développer en un centre d’excellence dans la région en matière de fiscalité, d’investissement et de finances.

Face à la concurrence internationale dans le secteur textile, le pays envisage de se tourner davantage vers les nouvelles technologies. Maurice s’apprête ainsi à entrer dans la nouvelle économie en développant les services liés au commerce électronique et en créant des cybercités pour attirer de nouveaux investissements.
En 2001, la croissance du PIB était de 6,3%. Le PNB par habitant est passé de 1 300 dollars américains en 1990 à 3 460 dollars américains en 2000.

L'agriculture

Pendant longtemps, l’économie mauricienne s’est reposée essentiellement sur le secteur agricole. Aujourd’hui, ce secteur ne représente que 6% du PIB.

Le développement de la culture de la canne à sucre est étroitement lié à l’histoire de l’île et de son peuplement. Introduit de Java au 17ème siècle par les navigateurs hollandais, la canne à sucre servait principalement, à l’époque, à la distillation d’alcool, l’arak.

Lorsqu’ils s’installent dans l’île à partir de 1715, les colons français commenceront la production de sucre sur une base permanente. Sous l’administration britannique, la culture de la canne à sucre deviendra l’activité économique principale dans l’île. Le sucre mauricien est aujourd’hui exporté principalement vers les pays de l’Union européenne, en bénéficiant des accords spéciaux du Protocole Sucre de la Convention de Lomé. Le reste de la production est écoulé sur le marché américain.

Forte d’une industrie plus que tricentenaire, Maurice se trouve aujourd’hui parmi les dix plus gros exportateurs de sucre au monde, grâce à une variété de sucres spéciaux: Demerara, golden granulated, light and dark Muscovada, molasses sugar, white refined, special raws…

 Intégrées à l’économie locale, les sociétés sucrières cherchent aussi à mettre à profit leur savoir-faire et leur expertise dans le domaine agricole en délocalisant leurs activités dans des pays de la région. Ainsi, des sociétés mauriciennes ont rénové ou racheté des usines sucrières dans d’autres pays membres de la SADC (Southern Africa Development Community), la communauté économique regroupant des pays de l’Afrique australe.

Le secteur agricole aujourd’hui se tourne de plus en plus vers la diversification de ses activités. La bagasse est ainsi exploitée pour la production d’énergie. D’autres activités comme l’horticulture et la production de fruits et légumes sont encouragées. La pêche se modernise également en misant sur l’éducation et la formation des pêcheurs et par l’utilisation des techniques de pêche modernes. L’Etat espère, d’une part, revigorer cette activité déclinante et, d’autre part, protéger les ressources de nos lagons.

Le secteur manufacturier

La Zone Franche manufacturière emploie aujourd'hui quelque 90 000 personnes qui produisent quotidiennement pour le marché de l'exportation : habillement, jouets, électronique légère… Bénéficiant des investissements d'hommes d'affaires de Hong Kong et d'Europe, la Zone Franche réalise environ 2/3 des exportations mauriciennes.

 L'industrie du textile mauricienne a su se transformer pour se positionner parmi les meilleures au niveau mondial sur un marché très concurrentiel. Le label Made in Mauritius jouit d'une réputation de prestige et "habille" les plus grandes marques dans les boutiques du monde entier.

Face à la concurrence mondiale dans ce domaine, le textile mauricien cherche avant tout à se tourner vers des produits à plus forte valeur ajoutée et vise des secteurs plus ciblés.

Le tourisme

Maurice a réussi en quelques années à s’imposer comme une destination touristique par excellence. Outre la beauté naturelle de ses paysages, la qualité de l’hébergement, des facilités et des services offerts, l’amélioration des infrastructures locales et de la desserte aérienne avec des vols directs, sont les points forts qui ont soutenu le développement de ce secteur. Des campagnes de promotion ciblées ont également contribué à faire du tourisme le troisième pilier de l’économie mauricienne.

La destination Maurice bénéficie d’une image de qualité ayant évité jusqu’ici le tourisme de masse et s’appuyant sur le sens de l’hospitalité des Mauriciens, le multilinguisme de la population ainsi que la stabilité économique, sociale et politique du pays. Conscient que son environnement reste un atout pour le développement touristique, le pays accorde une place privilégiée à la protection et à la préservation de son environnement naturel.

En misant davantage sur le haut de gamme, la qualité de ses établissements hôteliers et l’ouverture vers de nouveaux marchés, l’industrie touristique est appelée à jouer un rôle prépondérant dans l’économie mauricienne dans les décennies à venir.

Le pari de la nouvelle economie

Le développement des services informatiques avec la création des cybercités ainsi que l’essor des services financiers visent à faire de Maurice un centre de services de référence dans la région.

Différentes pistes sont encouragées en particulier le traitement de données informatisé et les centres d’appels à vocation internationale.

Maurice a également réorganisé ses activités portuaires, ambitionnant avec un port franc moderne de retrouver le statut qui était le sien : celui d’un port maritime incontournable dans l’océan Indien.

Maurice mobilise ses efforts en vue de se faire une place dans le nouvel ordre économique mondial, sans négliger les échanges avec ses partenaires régionaux à travers ses initiatives et sa participation au sein des blocs de la région (SADC, COMESA, IO-RIM).